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So Called Chaos - Alanis Morissette - 2004



1. Eight easy steps
2. Out is through
3. Excuses
4. Doth I protest too much
5. Knees of my bees
6. So-called chaos
7. Not all me
8. This grudge
9. Spineless
10. Everything



Dernier album studio en date de la belle Canadienne, So-Called Chaos avait été annoncé comme un Jagged Little Pill Volume 2. Après écoute, on peut s’apercevoir qu’il n’en est rien. Pour le meilleur ou pour le pire ? La réponse est quelque part entre les deux...

Ce qui frappe en premier lieu dans ce nouvel essai de A. Morissette, c’est la variété des instruments utilisés. Elle s’est véritablement affranchie du couple guitares électrique/acoustique, pour goûter aux plaisirs d’instruments à la fois exotiques et éclectiques. Certains morceaux prennent ainsi une tournure très orientale, limite hindouiste, ce qui ne sera pas pour déplaire aux amateurs de sensations nouvelles.

Le bon vieux son rock brut de décoffrage n’est pas délaissé pour autant. On prendra à témoin un Eight Easy Steps bondissant, bien qu’un poil ampoulé, et le très réussi (et sombre) titre éponyme. Ils pourraient d’ailleurs faire croire à un retour à la fougue de JLP, mais cela n’est qu’un leurre : la Morissette d’aujourd’hui ne secoue plus sa tignasse en vociférant à la face du monde des You Oughta Know rageurs. Elle s’est assagie en exorcisant ses démons et en trouvant l’amour. Ce que l’on y perd en spontanéité, on le gagne en richesse des compositions, ici souvent hautes en couleurs. Mais qu’elle soit branchée sur du 220 Volts ou qu’elle transpire la plénitude et la sérénité, la force d’Alanis reste la même : une authenticité incontestable. Que ce soit au travers de l’interprétation - souvent remarquable - ou des textes, malgré le fait que ceux-ci soient beaucoup plus mielleux qu’auparavant.

Mais au-delà de toutes ces indéniables qualités, So Called Chaos témoigne surtout de l’inspiration effilochée de sa génitrice. S’ils restent globalement efficaces, peu de titres émergent véritablement du lot. L’album pâtit en effet d’une trop grande homogénéité, que des arrangements assez fades peinent à masquer. La qualité est plus que présente, certes, mais rien ne vient bluffer outre mesure l’oreille de l’auditeur attentif. Les chansons sont pour la plupart réussies, accrocheuses mêmes, mais il n’y a point d’hymnes à se mettre sous la dent. This Grudge et So Called Chaos me contrediront peut-être, mais ils confirment surtout le fait que le mal de vivre va bien mieux à la canadienne que le bonheur niais.

Everything, sublime ballade rétro qui brille par son élégance et sa légèreté, vient en quelque sorte illuminer par sa grâce un album plus que convenable, mais un brin téléphoné.

Kiwi





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