Ray of Light - Madonna - 1998

1. Drowned world / Substitute for love
2. Swim
3. Ray of light
4. Candy perfume girl
5. Skin
6. Nothing really matters
7. Sky fits heaven
8. Shanti / Ashtangi
9. Frozen
10. The power of good-bye
11. Little Star
Une
Renaissance. Non, la majuscule n’est pas de trop.
Car force est de constater que le résultat de la collaboration entre William Orbit et la Ciccone est plutôt fascinant. De plus en plus attirée par la musique électronique, Madonna franchit ici un cap déterminant avec cet album fortement versé dans les mélopées psychédéliques tarabiscotées.
Métamorphosée par sa condition de jeune maman, la sulfureuse interprète de
Like A Virgin semble goûter à la sérénité après une décennie 1990 tumultueuse. Las des scandales et autres provocations sexuelles qui ont fait sa gloire, elle délaisse ici son attitude de post-ado attardée pour adopter celle d’une vraie femme. Preuves les plus évidentes de cette évolution frappante : une œuvre qui respire la quiétude et une maturité inattendue, perceptible jusque dans la voix. Celle-ci a en effet perdu la tonalité juvénile qu’on lui connaissait jusqu’à lors. C’est là que l’on sent tout le bénéfice de l’expérience
Evita, comédie musicale pour laquelle Madonna a suivi pendant une longue période des cours de chant plus qu’intensifs. Le chant est donc bien plus maîtrisé qu’auparavant, ce qui ne fait que renforcer la force de compositions pour la plupart éthérées, planantes, profondément marquées par des influences new age et hindouistes. La voix fait également des merveilles sur des titres au rythme bien plus remuant, tel l’indémodable (et épuisant)
Ray Of Light, l’ethnique et on ne peut plus mystique
Shanti/Ashtangi, les très séduisants
Sky Fits Heaven et
Swim ou encore l’original et gracieux
Nothing Really Matters.
Des mélodies ciselées de main de maître donc, pour des textes bien plus profonds que précédemment. Madonna se livre à une authentique introspection au travers d’écrits qui font sens. Elle nous raconte sans complaisance le cheminement chaotique qui a été le sien, et le âpre combat qu’elle a du mener pour atteindre un semblant d’équilibre. De son enfance meurtrie par le décès prématuré de sa mère à la prise de conscience inhérente à la naissance de sa fille Lourdes, en passant par sa vie de superstar mondiale égoïste et insouciante. Plus que jamais, il est ici question de passage à l’âge adulte, de responsabilités, de péchés, d’absolution, et d’amour sous toutes ses formes. Discours un tantinet hypocrite, me direz-vous. Peut-être pas tant que ça. Opportuniste, alors ? Assurément. On parle tout de même de Madonna, là.
Au final, un vrai bon disque, novateur pour l’époque. Si la surabondance de sucreries technoïdes sur certains titres n’a pas forcément bien supporté le poids des années, l’ensemble - qui brille par sa cohérence - reste de très haute tenue. De l’électro-pop grand luxe, à la fois efficace, éclectique et racée. On retiendra en priorité les aériens
Frozen,
Drowned World /Substitute For Love ou
The Power Of Goodbye, ballades d’autant plus riches en émotion qu’elles sont portées par la conviction inébranlable de l’artiste.
Kiwi