Is This It ? - The Strokes - 2001
ou 
1. Is This It
2. The Modern Age
3. Soma
4. Barely Legal
5. Someday
6. Alone, Together
7. Last Nite
8. Hard To Explain
9. New York City Cops
10. Trying Your Luck
11. Take It Or Leave It
Sorti en octobre 2001, cet album fit l’effet d’une bombe dans le petit monde du rock. Engendré par quatre jeunots new-yorkais à peine sortis des jupes de leurs mères,
Is This It secoue l’auditeur par une vitalité qui frôle l’indécence. C’est en effet d’un flow épique et quasi-continu que ce groupe chevelu a accouché. À première vue le bébé ne paie pas de mine, certes (à peine 37 min), mais pourtant il s’agit en réalité d'un pur condensé de tout ce qui fait le charme d’un genre qui passait pour moribond en ce début des années 2000 : spontanéité, accessibilité, dynamisme, riffs incandescents et textes directs. Le tout magnifié par des mélodies diablement abouties, à la fois rugueuses et bondissantes, et le flegme de Julian Casablancas. Mais si le charisme du chanteur paraît indéniable, c’est surtout sur sa voix que se focalise l’attention. Eraillée, parfois rauque, naviguant constamment entre la justesse la plus parfaite et la dissonance calculée, elle contraste inévitablement avec son jeune âge.
Peu ou pas de titres faibles, les Strokes ayant visiblement fait le choix de la qualité par rapport à la quantité. Une petite préférence néanmoins pour l’hypnotique
Alone, Together ainsi que le flamboyant et insensé
Take It or Leave It, même si ces deux perles n’atteignent pas le magnétisme troublant de
Last Nite, LA chanson de ce premier essai délicieux qui enthousiasme dès la première écoute.
Du rock urbain brillant et fédérateur, tout ça avec deux guitares, une basse et une batterie. La classe, en somme.
A noter que ce disque est sorti sous deux versions différentes, une internationale et une US. La première arborait une jaquette plutôt provocatrice, tandis que la seconde fut censurée avec un dessin abstrait passablement moche. Cette seconde monture a également été privée de
New York City Cops, titre jugé politiquement incorrect seulement un mois après les attentats du 11 septembre 2001, notamment en raison de son refrain ("
New York City Cops, they ain't too smart").
Kiwi