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Get Behind Me Satan - The White Stripes - 2005



1. Blue Orchid
2. The Nurse
3. My Doorbell
4. Forever For Her (Is Over For Me)
5. Little Ghost
6. The Denial Twist
7. White Moon
8. Instinct Blues
9. Passive Manipulation
10. Take, Take, Take
11. As Ugly As I Seem
12. Red Rain
13.I'm Lonely (But I Ain't That Lonely Yet)



Suite au carton mondial de Elephant, on aurait pu croire que Jack et Meg White allaient nous refaire le coup du rock ultra vitaminé, nourri aux riffs enragés et à la Vitamine C. C’est vrai quoi, quand la soupe est bonne, il ne faut pas hésiter à en resservir.

Et bien non, ce nouvel opus, enregistré en dix jours (cela peut paraître rapide, mais c’est énorme pour ce duo de choc et de génie), nous frappe dès la première écoute par son audace et son insolence. Si avec Blue Orchid, une première rock piste diaboliquement efficace et qui nous rappelle - si besoin était - le sens du tempo incroyable de Mr White, on se retrouve en terrain connu, le reste est bien plus surprenant. Toujours dans la même veine rythmée, bondissante, évidemment. Mais les guitares électriques sont ici troquées contre leurs cousines acoustiques, des claviers, des percussions et un marimba (une sorte de gros xylophone), le temps de mélodies à la fois efficaces mais étranges, maîtrisées mais complètement barrées, solides mais déstructurées. Le tout porté par la verve d’une Meg limite autiste, qui cogne comme une sourde sur sa batterie. The Nurse, morceau détonnant durant lequel une mélodie ludique et des marimbas se font agresser par des riffs heurtés, donne le La. Suit un autre OVNI mi-funk, mi-dance préhistorique, en la présence de My Doorbell. Cet étonnant mélange des genres et des sonorités, souvent bluffant, prouvent la capacité de renouvellement inouïe du groupe.
L’émotion se substitue parfois à la surexcitation habituelle du duo, le temps de quelques ballades très réussies, dont le sublime As Ugly As I seem.
L’ensemble du disque se veut à l’image des Stripes : éclectique et brillant. En effet, en l’espace de treize titres, le binôme tricolore (rouge, noir, blanc) nous dresse un panorama de ses influences. Rock, soul, rhythm’n’blues, country, bluettes sentimentales... La liste est longue.

Bref, voilà un disque qui en désarçonnera plus d’un, ceux qui n’acceptent pas qu’un groupe puisse oser sortir des sentiers qu’il a lui-même battus, mais qui rassurera tous les autres quant au potentiel créatif prodigieux des White.

À posséder.
Kiwi




© Les Fonds De Tiroir