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First Impressions Of Earth - The Strokes - 2006



1. You Only Live Once
2. Juicebox
3. Heart In A Cage
4. Razorblade
5. On The Other Side
6. Vision of Division
7. Ask Me Anything
8. Electricity
9. Killing Lies
10. Fear Of Sleep
11. 15 minutes
12. Ize Of The World
13. Evening Sun
14. Red Light



The Strokes, 3rd impact.

Alors que Is This It et Room On Fire arboraient une filiation forte, il souffle comme un vent de renouveau sur First Impressions Of Earth. Les rebelles en carton de NY osant davantage, leurs compos s’enrichissent de manière exponentielle et leur style se durcit.

Le premier changement et non des moindres vient de M. Casablancas himself, qui a quelque peu revu sa façon de chanter. Sa voix est désormais plus affirmée, moins éthérée. Le traitement du son est également différent. Si on avait antérieurement l’impression que Casablancas braillait à tout va dans un vieux micro, avec tous les grésillements que cette pratique so seventies impliquait, le rendu est ici bien plus clean. On aime ou pas, mais la remise en question est appréciable. Dans un registre tout aussi notable, la basse semble moins réservée qu’auparavant, volant parfois la vedette aux (g)riff(e)s racé(e)s de Nick Valensi et Albert Hammond Jr., les deux guitaristes (le chaleureux On The Other Side). Quant au batteur, il confirme son statut de fieffé briseur de baguettes.

Comme d’hab’, la première plage - You Only Live Once - entre dans le vif du sujet. Une batterie intraitable donne le tempo, les guitares prennent le pouvoir et Julian fait dans le chant enlevé. Simple, déjà vu, mais bonheur. Plus osé, Juicebox, sorte d’O.V.N.I. rock grunge, embrase l’auditoire. Patchwork insensé de différentes phrases musicales assemblées au gros scotch que n’aurait pas renié Nirvana et consorts, il enthousiasme par son audace. Fort de sa décadence et son incongruité revendiquées, il colle parfaitement au brûlant sujet des plaisirs charnels. Nick et Albert font le show. Anarchique, au premier abord incohérent, et pourtant génial.
Heart In A Cage, séquelle directe psalmodiée d’une voix d’outre-tombe, semble bien pâle à côté de cet inattendu joyau. S’il séduit aisément par son jeu musclé, il lasse tout aussi rapidement et ce malgré une ligne de basse et un jeu de batterie effervescents. La faute à une structure bien plus convenue que celle de son précédent.
La troisième baffe du jour porte le doux nom de Vision Of Division. Planqué derrière son éternelle (et fournie) mèche de cheveux, Nikolaï Fraiture impose une basse discrète mais élégante sur laquelle viennent se greffer des traits de guitares vertigineux. Bâti en crescendo, le morceau bluffe par son refrain heavy-esque.

Derrière ces trois temps forts qui justifient à eux seuls l’achat de la galette se cachent quelques autres réussites. Après un Room On Fire franchement réussi mais un peu uniforme, First Impression Of Earth étourdit par sa variété. C’est par exemple blotti entre le sexuel Juicebox suscité et son testostéroné compère Vision Of Division que s’insinue le dépouillé Ask me Anything. Un chant calme, lancinant, un texte sombre, des nappes de claviers… Etonnant pour les habitués des Strokes. Tant mieux. Dans la même sensibilité planante, les cordes en sus, Evening Sun charme tout de suite l’oreille. Killing Lies plaira pour sa part aux amateurs de complaintes aussi rageuses qu’anesthésiées. De Ize Of The World, on retiendra surtout les essais marrants de l’interprète et un solo tendance 80’s jouissif. Dans le genre ritournelle indélébile, c’est pas mal. Les événements prennent même parfois une tournure presque blues branché sur du 200V, à l’image du désespéré Fear Of Sleep.

Même s’il se traîne un peu la bite en milieu de parcours, ce dernier album remplit parfaitement son contrat. Il s’avère plus riche en nuances et en émotion que ses antécédents tout en conservant cette pêche caractéristique de la formation. Un tour de passe-passe pas si évident que cela, mine de rien. Voilà qui laisse augurer du meilleur pour l’avenir. Vite, la suite !

Kiwi




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