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Louons ! Après des mois d’attente fébrile, Final Fantasy IV Advance le bien nommé arrive enfin dans notre verte contrée. Et en français dans le texte qui plus est, ce qui n’avait pas été le cas lors de sa précédente incursion sur PSone. L’événement est de taille et le jeu, en plus de s’être refait une beauté pour l’occasion, nous gratifie d’un come-back riche en bonus. C’est dans les vieux pots…

Ambiance…

Dans un monde régi par les cristaux élémentaires, Cecil est un Dark Knight au service du Royaume de Baron. En dépit de grandes qualités humaines, il a épousé les arts obscurs pour servir son pays et plaire à son Roi, son compagnon Kain ayant quant à lui embrassé une carrière de Chevalier Dragon. En raison de son statut de chef des Ailes Rouges, l’armée de l’air de Baron, le jeune homme se retrouve régulièrement au front. Depuis peu, et ce pour des raisons obscures, le Monarque ordonne des offensives répétées envers les nations voisines, pillant et détruisant tout sur son passage. Le cristal de la ville occulte de Mysidia est ainsi réquisitionné, non sans de lourdes pertes humaines parmi les autochtones. Peu après, dupés par leur souverain, Cecil et Kain provoquent bien involontairement la mise à feu et à sang de Myst. C’en est trop pour Cecil. Tourmenté par sa conscience, il va devoir choisir entre justice et loyauté. Commence dès lors une quête de rédemption dont dépend la survie de l’humanité.


Kain et Cecil, trahis par leur Roi, sont en train de mesurer l’horreur de leurs actes.


Au début de l’aventure, Cecil jouit de pouvoirs sombres particulièrement destructeurs.



Une histoire mâture servie par un rythme de folie

Effrénée, c’est le premier qualificatif qui me vient à l’esprit pour qualifier l’aventure qui vous attend. Dire qu’il se passe énormément de choses dans ce jeu relève en effet de l’euphémisme. Pour ne rien gâcher, les personnages sont plutôt crédibles voire réellement intéressants pour certains d’entre eux (Cecil, tiraillé entre Bien et Mal ; Kain, éternel manipulé en proie au doute). S’il faudra passer outre le côté expéditif du scénario - inhérent à l’âge du jeu (qui date de 1991, rappelons-le) - pour s’imprégner totalement, cela reste franchement excitant. Les événements s’enchaînent à un rythme dingue, ne vous laissant que de peu de répit pour reprendre votre souffle. Pour peu que l’on ait découvert la saga par les opus les plus récents, très cinématographiques mais hélas plus que décousus, cela surprend, et en bien. Pas de dialogues à rallonge, pas de scènes de trente minutes pour sauver sa pétasse dans l’espace ou apprendre à siffler. Ici, tout est rapide et sans temps mort. L’histoire n’attend pas non plus trois heures pour décoller, le jouer étant d’emblée aspiré dans l’univers en perdition dépeint par les concepteurs. Du jeu, du jeu, et encore du jeu. Certains joueurs trouveront l’enchaînement des péripéties un peu abrupt et il n’auront pas vraiment tort, mais gardons bien en tête l’âge du soft.

Au character design, Y. Amano rend un boulot correct, certes pas exceptionnel mais plutôt léché. En tout cas rien qui laisse présager la future catastrophe FFV (et sa clique de personnages au charisme d’huître, dont le cultissime BUTZ). Mention spéciale aux élégants Dark Cecil et Kain, preux représentants du bon goût en ces temps troublés.


Des phases aériennes…

... diverses ...

... et variées.


Un remake consciencieux.

Une fois n’est pas coutume, Square Enix ne s’est pas moqué de nous. En effet, les améliorations apportées à cette édition sont nombreuses. Tout d’abord, sans exploiter à fond les capacités de la petite mais vaillante GBA, les graphismes ont été dûment retravaillés. Le résultat est tout simplement charmant. Les décors sont fins, les arrières plans des phases de baston lorgnent sur la qualité de ceux de FFVI, des effets ont été ajoutés… Mis à part des sprites un peu petits lors des périodes d’exploration et quelques menus ralentissements en cours de combat, il n’y a pas grand-chose à reprocher. Les menus ont eux aussi subi un lifting providentiel : les artworks ont par exemple pris un sacré coup de jeune et sont désormais incrustés dans les fenêtres de dialogues. Enfin, les immondes images de synthèses de la version PSone ont disparu. Du tout bon, je vous dis.

Voici un rapide comparatif des versions Snes et GBA.


A gauche, la version Snes, à droite, la version GBA


A gauche, la version Snes, à droite, la version GBA


A gauche, la version Snes, à droite, la version GBA
La différence se passe de commentaire.


Niveau contenu, papa Square s’est une fois de plus montré généreux. Tout d’abord, pas mal de quêtes annexes exclusives à cette édition GBA ont été ajoutées, dont un énorme donjon déblocable en finissant le jeu. Le bestiaire répond également à l’appel. De plus, quelques pans de scénario ont vu le jour, enrichissant de façon sympathique le background même si la trame reste grosso modo fidèle au jeu original. Enfin, on constate quelques adjonctions de gameplay bienvenues, comme la possibilité inédite d’achever l’aventure en ayant librement composé sa team et, conséquence logique, l’apparition de nouvelles armes et sorts pour certains protagonistes.


Un bestiaire sympathique.


Du génie de Nobuo Uematsu.

Abordons maintenant le point fort de jeu : l’habillage sonore. Si les bruitages restent dans la norme des jeux GBA, les musiques impressionnent par leur puissance et leur pertinence. Je vous mets au défi de trouver un thème hors-sujet, ou ne serait-ce que faiblard. Du dynamique et épique air des joutes à la mélancolique mélodie de la World Map en passant par des thèmes d’Airship plus qu’exaltants, le travail fourni par Nobuo Uematsu force le respect. Comble du luxe, le chip sonore souffreteux de la GBA n’entame pas le lyrisme des compositions. FFIV est la preuve qu’une ambiance musicale de haute volée renforce considérablement l’immersion du joueur, bien plus encore qu’un visuel réussi.


Mysidia, repère des mages du monde entier.


Quand simplicité rime avec efficacité.

A l’image de la narration, le gameplay transpire le dynamisme.

Côté combats, on reste en terrain connu. Quoi de plus normal puisque nous avons devant nous l’opus qui a introduit le désormais reconnu Active Time Battle ? En résulte des joutes à la physionomie classique mais néanmoins particulièrement haletantes et prenantes. Tant mieux, vu leur fréquence assez hallucinante. Il est parfois impossible de faire trois pas d’affilée sans tomber dans un guet-apens. Un défaut rédhibitoire ? Pas du tout, les bastons étant généralement vite expédiées notamment grâce à la quasi-absence de temps de chargement. Et puis les donjons demeurent de taille raisonnable dans l’ensemble.


Le positionnement en première ou seconde ligne influence les dégâts reçus par vos guerriers.


Satané batracien !


Placer le Prince Edward en première ligne constitue un choix assez suicidaire audacieux.


Le constat est un peu moins réjouissant du côté de la gestion de la team. Contrairement à l’ingénieux système de FFIII, aucune liberté n’est laissée à ce niveau. Les combattants ont des jobs prédéfinis et apprennent des sorts spécifiques à des niveaux précis. Point barre. D’un côté c’est dommage, mais de l’autre cette spécialisation outrancière des persos apporte un côté stratégique pas forcément déplaisant. Question de point de vue, en fait.

En ce qui concerne la durée de vie du soft, elle demeure malheureusement bien plus courte que celle de ses plus ou moins illustres successeurs. Comptez 25 (passionnantes) heures pour boucler l’aventure, quêtes annexes incluses. Par contre, si vous désirez affronter le très retors (et inventif, c’est le cas de le dire) donjon bonus, là ce sera une toute autre paire de manches.


Un menu traditionnel pour un système de gestion tout aussi classique.


Conclusion --- 9/10 --- Ruez-vous dessus !

Ce remake est l’occasion rêvée pour tous ceux qui ne connaissent pas ce brillant épisode de combler cette regrettable lacune. Plus qu’un RPG de premier choix au gameplay d’une efficacité remarquable, FFIV Advance est une odyssée intemporelle qui vous charmera par la force de son scénario et son envoûtante bande-son. Autant de magie dans une si petite cartouche, c’en est presque indécent. A consommer sans modération aucune.

Kiwi




© Les Fonds De Tiroir