
C’est devenu une habitude, qui dit nouvelle console portable de Big N. dit aussi nouvel opus de la cultissime et baboulifiante saga
Castlevania. Après la semi déception d’un
Lament Of Innocence sur PS2 tout à fait correct mais loin de valoir ses grands frères, Konami se devait de frapper un grand coup.
L’histoire continue...
Les
Castlevania sont des références en matière de jeu vidéo, des monstres sacrés vénérés par des millions de joueurs friands d’ambiance gothique et de mythes vampiriques à travers le monde. Chaque opus fleure bon le travail d’orfèvre, tant au niveau du gameplay que de l’esthétique, la plupart du temps aux petits oignons.
La série, aussi connue sous le nom de
Akumajo Dracula au Japon, date de 1987. Depuis, des séquelles sont régulièrement parues et de l’Action/Plate-forme, Castlevania s'est peu à peu rapproché vers l’Action/Recherche. Entre les suites de suites, les
Castlevania flash-Back et les hors-série loup-garouesque sur N64, on en arrive à plus de vingt jeux officiels. Tous ces jeux comptent une seule et même histoire : la confrontation entre le vampire Dracula et une famille de chasseurs, les Belmont. Leur chronique s’étale sur une période de près de 1000 ans, de 1096 à 2036 pour être plus exact, chaque épisode s’attardant sur l’histoire d’un descendant - direct ou non - en particulier.
L'inspiration principale est, comme vous pouvez vous en doutez, le roman Dracula de Bram Stoker (1897). La série a cependant dernièrement décidé de suivre son propre chemin en ré-écrivant son histoire. Ce fut d’ailleurs l’objet de
Lament Of Innocence, qui conta les origines du conflit entre la famille Belmont et le Seigneur de la Nuit.
Castlevania : Dawn Of Sorrow vous place dans la peau d’un jeune étudiant efféminé du nom de Soma Cruz. Et oui, il s’agit bel et bien du héros de
Aria Of Sorrow, l’excellent dernier opus GBA en date. D’où la subsistance du particule « ... Of Sorrow » (SUBTIL, j’en conviens). Et pour cause, le scénario de cet épisode fait directement suite à celui d’AOS.
Une année s’est écoulée depuis les tribulations castlevaniesques de notre ami fashion victim, et tout va pour le mieux dans le meilleur du monde, bien qu’il n’ait toujours pas pécho cette gourdasse de Mina.
[Apprêtez-vous à choir dans un spoiler de la mort qui tue la vie, et surtout le scénario d’Aria pour les pauvres hères qui n’y ont pas encore joué. Difficile néanmoins de faire autrement, au vu des liens qui existent entre les scripts des deux softs.
Z’êtes prévenus.]
Soma a découvert qu'il n'était autre que la réincarnation du Comte Dracula, et cette stupéfiante révélation a fait de lui un autre homme. Depuis peu, il se fait persécuter par une secte, menée par l’inquiétante Célia Forter, qui vise à ressusciter le célèbre vampire. Détermi-né à échapper à son funeste destin, le jeune homme décide de mettre à profit sa capacité à s'emparer de l'âme de ses ennemis pour faire capoter les plans machiavéliques de cette sombre organisation. Il sera aidé dans sa quête par la jolie Yoko Belnades (magicienne descendante du clan éponyme), le lubrique Hammer, le vieillissant Julius (le dernier Belmont en date) et le Dark & Tormented Genya Arikado.
Oui, tout cela peut paraître fort alambiqué voire nébuleux pour les non-initiés, et on les comprendra aisément, certaines références étant difficilement accessibles pour quiconque ne connaît pas la chronologie
Castlevania sur le bout des auriculaires. Cependant, le plus important est que cette trame se veuille globalement plutôt prenante et agréable à suivre, en dépit d’une localisation française un brin hasardeuse.
(A noter la désormais traditionnelle présence de trois conclusions différentes, en fonction de vos performances dans le jeu.)
Mais à la limite on s’en fout, puisque la scénario n’est pas ce qu’il y a de plus important dans un
Castle.
Le game me plaît (haha).
Disons-le tout de suite : il est en béton armé. Nous avons affaire à un jeu typé Action-Aventure mâtiné de RPG, en 2D, dans la droite lignée de Symphony Of The Night, l’opus PSone qui demeure da référence à ce jour.
A l’image de ses précédentes aventures, Soma peut toujours s’emparer de l’âme et des pouvoirs des ennemis vaincus au combat, moyennant quelques points de magie. L’idée est simple, mais ouvre un champ de possibilité assez bluffant, tant les pouvoirs offerts se révèlent variés. Ces âmes sont de différents types : âmes boulets, âmes gardiens, âmes enchanteurs et âmes capacités. Les premières correspondent plus ou moins aux armes secondaires, les secondes aux invocations et les troisièmes aux power up. Quant aux dernières, elles octroient des capacités inédites, tel le double saut.

Les âmes capturées vous apporteront de nouvelles compétences.
L’arsenal se gère quant à lui de manière plutôt conventionnelle, les diverses armes et protections s’achetant dans la boutique du père Hammer. Il est de plus possible de modifier ses outils en les fusionnant avec des âmes.
Le traditionnel menu d’inventaire se conforme peu ou prou aux poncifs du A-RPG, avec indication du niveau d’expérience, items, équipement, écran de statistiques, encyclopédie et Cie.
Les commandes sont intuitives (la bonne ergonomie de la console aide) et Soma répond au doigt et à l’œil, ce qui est très appréciable au vu du level design diabolique (mais jouissif) pondu par les p’tits gars d’IGA.
Rien à redire donc au niveau du gameplay, qui se révèle de facture classique mais on ne peut plus efficace.
La seule chose un peu dommageable est que le système de jeu, en dépit de sa grande richesse, ne tire pas réellement partie des caractéristiques uniques de la DS. En effet, si l’utilisation du stylet pour naviguer dans les menus, pointer un ennemi pour concentrer les attaques de son familier sur celui-ci ou bien briser des blocs de glace reste pratique, cela ne va pas chercher bien loin. Idem pour le système de sceaux magiques, qui vous oblige à tracer sur l’écran tactile des signes kabbalistiques afin d’achever vos adversaires, au risque de les voir repartir à l’assaut en cas d’échec. Bien que cette idée soit assez sympathique, force est de constater qu’elle n'apporte pas grand-chose de neuf.
A la limite, le Dual Screen (yeah yeah, un anglicisme) se trouve mieux exploité. Pouvoir jouer et zieuter l’inventaire ou le plan du château en même temps rend le jeu bien moins redondant.
(Je dis ça parce que je n’ai absolument AUCUN sens de l'orientation.)

Touch it !
En ce qui concerne la durée de vie, on a affaire à un
Castlevania lambda, avec tout ce que ça implique de challenges plutôt corsés, de château labyrinthique, d’exploration minutieuse, de bonus vicieusement dissimulés et de replay-value non négligeable.
En gros, il vous faudra entre 15 et 20 heures pour parcourir le jeu dans son intégralité.
(Un peu moins si vous êtes un habitué de la série.)
Une réalisation qui tutoie des sommets.
Un pur bonheur pour les sens visuels, tout simplement. Pour son premier essai sur DS, IGA nous gratifie d’un véritable enchantement visuel. Les décors, en plus d’être superbes et baroques à souhait, se distinguent par leur grande variété. Cela va du village enneigé (avec incrustation d’un arrière plan en 3D du meilleur goût) à la cathédrale gothique ornée de vitraux sublimement colorés, en passant par un laboratoire de magie glauquissime et une tour maudite, entre autres réjouissances. Croyez-moi, vous vous laisserez aisément envoûter par le sentiment de quiétude et de majesté qui semble émaner de ces ébouriffantes fresques... Vous restez parfois plantés là, comme perdus, frappés par l’audace et la prestance de l’architecture de cette bâtisse. C’est beau, on ne peut le nier, mais c’est l’œuvre d’un esprit tourmenté...
Evidemment, le bestiaire s’adapte en fonction des lieux, ce qui vous laisse une idée de sa diversité.
Les animations, parfaitement décomposées et fluides, et les sprites, ultra détaillés et parfois énormes, ne sont pas en reste

Des Bosses impressionnants

De la beauté des décors et des sprites
Pour tout vous dire, on croirait voir de la 2D PSone haut de gamme, ce qui ne manque pas de me rendre un tantinet nostalgique. :°)
J'ai également été assez bluffé par la présence du petit DA d'introduction. Joli et surtout on ne peut mieux animé.
Non franchement, Konami a soigné son bébé, avec un souci du détail qui fait plaisir.

Le fameux Dessin Animé
Un petit point qui pourra gêner les fans : le character design, très typé manga. Même s’il est loin d’être mauvais, il fait un peu pâle figure vis-à-vis du travail fourni sur les précédents épisodes par la talentueuse Ayami Kojima.
M’enfin, cela n’est guère plus qu’un détail et ne nuit guère à l’ambiance, absolument fabuleuse et délicieusement oppressante, du soft.
Une ambiance sonore chiadée.
Celle-ci est à la hauteur de la série, à savoir de très grande qualité. Des compositions baroques, tourmentés et parfois grandiloquent se succèdent pour le plus grand plaisir de nos cages à miel.
Il est néanmoins dommage que la qualité sonore souffre d’une certaine inconstance durant le jeu. Si l’introduction nous prouve avec brio que la présence d’un thème orchestral sur console portable ne relève plus du fantasme, les fichiers musicaux in-game pâtissent de leur format plutôt limite, entre le midi et le MP3 basse qualité.
C’est bête, mais bon, cela n’enlève rien au travail impressionnant qui a été fourni par les compositeurs. Et puis, on reste quand même largement au-dessus de ce dont la GBA est capa-ble dans ce domaine.
Conclusion --- 9,5/10 (et j'assume)
Castlevania : Dawn Of Sorrow remplit parfaitement son contrat. En plus d’un visuel pouvant se targuer d’être un chef d’œuvre de bon goût, ce qui témoigne d’une réelle recherche artistique, il se paie le luxe de proposer un gameplay en or massif, troublant de précision et de richesse. Certes, les vraies nouveautés sont peu nombreuses, mais qu’importe ?
Apportant sa pierre à un édifice déjà monumental,
Dawn Of Sorrow reprend avec brio les bases d’une formule à succès, avec une maîtrise qui fait toute la différence.
Du niveau d’un
Symphony Of The Night, selon moi.
(Avec l’effet de surprise en moins, on est bien d’accord.)
Kiwi
Un grand merci à l’excellent
http://castlevania.free.fr/, le site francophone référence en ma-tière de Castlevania.